Toujours en lice pour le Trophée Jules-Verne, l’équipage de Thomas Coville voit son avance diminuer : « L’océan Pacifique, que j’appelle l’océan papier de verre, nous use et nous ponce »

Publié le 6 janvier 2026 à 07h12 · Écrit par Kader Habib · Durée de lecture : 7 minutes

L’épreuve du Trophée Jules-Verne : un défi sans précédent

Le Trophée Jules-Verne représente l’ultime exigence de la navigation. Cette compétition, qui demande non seulement des compétences en voile mais également un mental d’acier, se déroule autour du globe en une seule étape. Chaque équipe, dont l’équipage de Thomas Coville à bord du trimaran Sodebo Ultim 3, doit faire face à des enjeux météorologiques imprévisibles, à la fatigue et à l’usure du matériel. Le record à battre provient de Francis Joyon, qui détient le titre depuis 2017. Les marins doivent naviguer à travers des mers parfois hostiles, comme l’océan Pacifique, qu’ils décrivent souvent comme un véritable « papier de verre ».

Cette analogie illustre la difficulté du voyage. Les vagues et les conditions climatiques peuvent facilement éroder l’avance d’un bateau, même pour les marins les plus aguerris. Après avoir établi une distance confortable en amont, Thomas Coville et son équipe se retrouvent face à une période difficile où leur avance fond comme neige au soleil. La discipline, la stratégie et la planification deviennent alors des atouts indispensables. L’équipage ne peut pas seulement compter sur la vitesse; ils doivent également prendre des décisions éclairées à chaque instant.

Véritable course contre la montre, le Trophée Jules-Verne exige une attention incessante à chaque détail. Les marins évoluent dans un environnement où chaque minute compte. La tension est palpable, chaque tack, chaque manœuvre est réfléchie non seulement pour gagner des miles, mais aussi pour conserver ou regagner cette avance précieuse. La mer, à la fois un refuge et un adversaire, devient un personnage de cette grande odyssée, oscillant entre la bienveillance d’un vent favorable et la rudesse d’une tempête soudaine.

Les enjeux stratégiques du Trophée

La stratégie est au cœur du défi. Chaque marin doit évaluer les conditions environnementales, anticiper les changements météo, et adapter sa trajectoire en conséquence. Thomas Coville, dans son approche, fait preuve d’une expertise remarquable. Ses décisions sont guidées par une combinaison d’expérience, d’intuition et d’analyse des données à sa disposition.

La navigation dans l’océan Pacifique est particulièrement complexe. Les marins doivent naviguer au milieu des dépressions et des hautes pressions, tout en restant attentifs aux courants marins. Une mauvaise décision peut entraîner des heures de retard. Chaque passage clé, comme le cap Horn, représente un tournant crucial où l’équipage doit prouver sa résilience.

Les défis ne se limitent pas aux décisions académiques : la condition physique et mentale des membres de l’équipage est tout aussi déterminante. Après 21 jours en mer, la fatigue s’accumule. Les membres de l’équipe, dont Benjamin Schwartz et Pierre Leboucher, doivent maintenir un esprit combatif. La dynamique de groupe joue un rôle significatif dans leur progression.

Les conditions extrêmes de l’océan Pacifique

L’océan Pacifique est souvent décrit comme le plus vaste et le plus redoutable des océans. Ses caractéristiques uniques, allant de ses profondeurs abyssales à ses tempêtes impétueuses, le transforment en un champ de bataille naturel. Pour Thomas Coville, ces eaux présentent un défi constant : « C’est très engagé », confie-t-il. Avec des vents atteignant plus de 40 nœuds et des vagues dépassant les 5 mètres, les conditions sont parfois carrément hostiles.

Cette adversité génère un niveau d’adrénaline incroyable, mais elle fait également ressortir la fragilité de l’humain face à la nature. L’équipage doit composer avec des paramètres fluctuants, changeant rapidement sous l’effet des tempêtes, émergent les merveilles et les dangers cachés. La navigation devient alors un jeu d’équilibre où l’équipage doit jongler entre vitesse et sécurité.

Au-delà des éléments, la fatigue s’insinue peu à peu. Après une traversée éprouvante, les membres de l’équipage notent qu’une attention particulière doit être portée à la résistance physique, au mental et à la cohésion. Lorsque les conditions se durcissent, même les relations interpersonnelles peuvent être mises à l’épreuve, nécessitant une communication claire et efficace. Chaque matin sur l’eau, les marins se réveillent au son des vagues hurlantes, leur rappelant que chaque seconde est précieuse.

Les enseignements tirés des défis de la navigation

La navigation dans des conditions extrêmes apporte des leçons précieuses. Les marins réalisent souvent que la préparation et la flexibilité sont essentielles. Être capable de réagir rapidement aux imprévus, d’adapter le plan de route en fonction des conditions rencontrées est un atout majeur. Ayant traversé des moments de doute, l’équipage sait qu’il faut rester unis, solidaires dans la tempête.

Ces expériences renforcent également leur compréhension des limites humaines. Tommy et son équipe sont conscients que le corps a besoin de repos. Un marin épuisé est un marin qui prend des risques. Il est donc nécessaire d’établir des horaires de repos, même en pleine course. Parfois, lâcher prise et faire confiance à son équipage est la clé du succès.

La navigation peut être perçue comme une micro-société où chacun joue un rôle. Si un membre fléchit, l’ensemble de l’équipage est affecté. Cette interdépendance, bien que stressante, rappelle que dans la vie comme en mer, la collectivité prime sur l’individualisme. Des épreuves comme celles rencontrées lors de cette course font naître une solidarité inébranlable.

Les prévisions et l’anticipation dans la course

Anticiper les conditions météorologiques devient une compétence clé pour l’équipage de Thomas Coville. Le passage du cap Leeuwin, par exemple, a permis de réaliser des prévisions selon lesquelles l’équipage espérait cumulativement récupérer du terrain sur leur concurrent Francis Joyon. Fort de 5 heures d’avance initial, la dynamique a lentement changé, et les marins savent que chaque minute doit être exploitée.

La collaboration avec une cellule de routage à terre offre également un avantage stratégique. Grâce à des analyses précises fournies par les experts, l’équipage ajuste son approche. Les relations avec ces spécialistes sont cruciales. Les conseils qu’ils donnent permettent d’optimiser le trajet tout en prenant en compte les imprévus climatiques.

Benjamin Schwartz évoque ainsi une projection favorable. « On espère être en bonne position pour regagner du terrain au cap Horn », explique-t-il. Ces projections rassurent non seulement l’équipage, mais également les supporters qui suivent avec enthousiasme leur avancement. La voie vers la victoire est encore longue, et chaque journée en mer représente une nouvelle opportunité de surpasser le record actuel. La course continue, avec l’œil toujours rivé sur la ligne d’arrivée.

Événement Temps de passage Équipe Note
Cap Leeuwin 5 h 41 d’avance Thomas Coville Bon
Cap de Bonne Espérance 1 jour et 19 heures d’avance Thomas Coville Excellente
Passage du Cap Horn Prévision entre 200 et 500 milles d’avance Thomas Coville À confirmer

Les perspectives futures : se battre jusqu’à la dernière minute

Le parcours reste long, mais les membres de l’équipage sont déterminés à faire tout ce qui est en leur pouvoir. Le souci de regagner leur avance face à Francis Joyon est un moteur puissant. La préparation mentale, physique et technique est essentielle pour surmonter encore de nouveaux défis au fur et à mesure que le bateau avance vers le cap Horn. La navigation dans l’Atlantique Sud sera tout aussi cruciale, car l’équipe devra maintenir un rythme soutenu pour se rapprocher de la ligne d’arrivée.

La clé du succès réside dans leur capacité à travailler ensemble, à surmonter les obstacles et à faire face aux épreuves. Les visages usés par la fatigue sont aussi ceux d’hommes fiers, unis dans le même combat. À chaque coup de vent, à chaque vagabondage dans les vagues, l’équipage utilise leur force commune pour continuer leur route. Le défi du Trophée Jules-Verne continue, unissant passion et audace.

Facebook
X
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres articles à lire :

À ne pas manquer