À La Réole, charmante commune de la Gironde, Florence Sarramona a su transformer sa passion en métier. Cordonnier par héritage, elle s’est aventurée dans un monde où l’artisanat traditionnel rencontre les demandes contemporaines. Au cœur de son engagement, on découvre un héritage familial empreint de savoir-faire, mais aussi une volonté indéfectible de donner une seconde vie aux objets usés. Si vous êtes curieux de découvrir comment une passion vivante peut s’imposer dans un métier d’autrefois, vous êtes au bon endroit.
Florence Sarramona, une cordonnière d’un nouveau genre
Florence Sarramona, bien connue sur le marché de La Réole, s’est fait un nom avec son fourgon, La Fée des Souliers. Chaque samedi, lors des semaines impaires, elle transforme son véhicule en un véritable atelier sur roues, attirant des clients en quête de réparations ou de conseils. Mais comment a-t-elle décidé de devenir cordonnière ? C’est une histoire marquée par le hasard et la passion. Né d’une simple conversation, son choix de carrière a été influencé par son histoire familiale. En effet, son grand-père était également cordonnier, tandis que sa grand-mère travaillait comme couturière.
Un parcours semé d’embûches
À ses débuts, Florence a fait face à des défis importants. Comme elle le mentionne, « j’ai eu des difficultés à trouver un maître de stage, car c’est un métier d’hommes ». En effet, la cordonnerie est principalement dominée par des artisans masculins, ce qui rend l’accès à cette profession plus compliqué pour les femmes. Au fil de ses recherches, elle a néanmoins trouvé une opportunité à Bordeaux où elle a pu travailler pendant quatre ans aux côtés d’un artisan bottier. Les compétences qu’elle y a acquises lui ont permis de se lancer en tant qu’indépendante.
Créer son propre chemin
Forte de ses années d’expérience, Florence a pris la décision audacieuse de créer sa propre entreprise. La Fée des Souliers n’est pas seulement un nom, c’est le reflet d’un véritable amour pour la réparation et la restauration des souliers. Initialement, elle a exercé dans son fourgon, mais au fil du temps, elle a dû s’établir dans un atelier à La Réole pour des raisons familiales. Elle continue néanmoins à fréquenter les marchés, gardant ce lien avec sa clientèle.
Réparation et créativité
Son travail va bien au-delà de la simple réparation de chaussures. Florence est une véritable artiste, redonnant vie aux chaussures en cuir, aux baskets, et même aux sacs anciens. Elle offre un service de teinture, de rénovation des intérieurs, et de fabrication de ceintures en cuir de toutes couleurs. Avec chaque pièce réhabilitée, elle exprime son amour des détails et son engagement à prolonger la vie des objets. « J’aime ce que je fais, je ne fais jamais la même chose », dit-elle, à juste titre.
La cordonnerie face aux défis modernes
Avec l’évolution des modes de vie et l’émergence de nouveaux produits, le métier de cordonnier a dû s’adapter. L’avènement des baskets et la tendance à la consommation rapide ont modifié la perception des chaussures. Florence souligne que « l’achat d’une paire de chaussures a changé de signification ». Alors que les gens se tournent souvent vers de nouvelles paires moins chères, elle constate un intérêt croissant pour la réparation et la durabilité. Les clients des générations plus âgées apprécient particulièrement ses services, tout comme ceux de 30 à 40 ans qui optent pour des solutions écologiques.
Engagement et service à la clientèle
Le service client joue un rôle crucial dans le succès de Florence. Elle met un point d’honneur à établir des relations de confiance avec chaque client. Sa présence sur les marchés lui permet de mieux comprendre les besoins de sa clientèle. Elle se dit chanceuse d’avoir une bonne clientèle à La Réole et rêve d’y être présente tous les samedis. En attendant, elle s’organise pour être présente à d’autres marchés comme Léognan et Bègles.
L’importance de la durabilité et de l’entretien
Dans un monde où la consommation rapide est privilégiée, l’importance de la durabilité n’a jamais été aussi présente. Florence propose non seulement des réparations, mais aussi des conseils sur l’entretien des chaussures. Elle fournit des produits d’entretien de qualité qui préservent et prolongent la vie des cuirs. « Je vends des produits qui nourrissent, entretiennent et imperméabilisent le cuir », explique-t-elle.
Un avenir prometteur pour la cordonnerie
Face aux défis actuels, la cordonnerie peut sembler être un métier en déclin, mais pour Florence, c’est tout le contraire. Avec de plus en plus de personnes cherchant des alternatives à la consommation rapide, elle voit une opportunité de croissance. Le métier qu’elle exerce est fascinant, et elle souhaite passer cette passion à d’autres. La pérennité de la cordonnerie dépendra des nouveaux artisans qui, comme elle, décideront de suivre cette voie.
Les réflexions de Florence sur sa passion
Florence Sarramona ne cache pas sa passion pour son métier. Avec des étoiles dans les yeux, elle partage sa joie de travailler avec ses mains et d’apporter satisfaction à ses clients. « C’est une chance de pouvoir faire ce que j’aime », dit-elle. Son histoire est inspirante et prouve qu’il est possible de vivre de sa passion, même dans un marché de niches. En s’engageant dans ce métier, elle a non seulement honoré un héritage familial, mais elle a aussi établi sa propre place dans un monde en constante évolution.